• Jeudi 21.09.12

    Jeudi 21.09.12

    A 8h du matin on a réveillé la réception pour avoir le petit déjeuner. Etonné ils vérifient l’heure et nous disent qu’il est seulement 7h. On avait zappé qu’il y avait un changement horaire en Bolivie, qu’il faut reculer de 1h sur l’heure chilienne. On l’a donc joué discret, et on a chargé les motos pendant ce temps. En fait on a qu’une envie, c’est de quitter cette ville au plus vite, surtout tant que la circulation est encore tranquille. A 8h30 après le p’tit déj on prend la route. Notre GPS ne fonctionne pas en Bolivie, très peu de panneaux d’indications, c’est difficile de retrouver la route de Potosi. A la sortie de la ville on fait les pleins, le pompiste nous explique que pour les étrangers  le prix de l’essence est plus cher, environ 3x plus. On connaissait cette particularité grâce au forum, donc pas d’étonnement. Cent kilomètres de route sans charme au milieu des camions et des bus. On maintient une vitesse correcte et on ralentit dans les villages, la leçon de hier nous aura servi. Après un beau lac d’un bleu intense le paysage change, la route monte à travers une vallée à couper le souffle. Partout des petits villages, des cultures en terrasses, des troupeaux de lamas qui mangent au bord des routes, une merveille. Quand je vois ces champs sur les collines, alors que nous sommes déjà à 4000m, c’est simplement incroyable. La route qui serpente me fait penser à une route de col alpin sur plus de 200km, des collines recouvertes de chaumes et après le virage le gros contraste, des formations rocheuses aux couleurs flamboyantes. Difficile avec des photos d’exprimer cette beauté. Au bord des routes de nombreux animaux, ça m’inquiète toujours de les voir ainsi si prêt de la route à brouter tranquillement. En fait le passage de Guy les effraye tout de même et je ralentis toujours de peur qu’un surgisse devant mes roues. Suffisait d’y penser pour que cela arrive, deux gros lamas partent à gauche pour ensuite faire demi-tour, reviennent sur leurs traces à vive allure et traversent la chaussée DEVANT MA ROUE AVANT. Gros coup de frein (arrière), ça va j’ai maîtrisé, j’en suis quitte pour une grosse frayeur. Idem pour les chiens, dans cette région du globe beaucoup de chiens errants. Ils voient  passer Guy, qui les énerve avec son bruit de gros cube,  et ensuite c’est sur moi qu’ils se jettent. Avec leur gueule de chien enragé ils me font vraiment peur, même dans les villes ou villages lorsqu’on circule à pied et qu’on croise ces meutes j’en ai vraiment la trouille. Quelques kilomètres plus loin en descente sur piste, plus de frein arrière, ouaaaahhhh !!! L’impression !! J’ai beau pomper rien ne vient, pas de freinage. J’alerte immédiatement mon ange gardien, Guy, pour qu’on s’arrête. Après vérification il s’avère que c’est mon liquide de frein qui est au minimum. On va la jouer cool dans les descentes jusqu’à Potosi. Avec toutes ses émotions il me tarde d’arriver. Cinq kilomètres avant la ville, une colonne de voitures, camions et bus à l’arrêt. Très vite on nous informe que la route est bloquée par les mineurs en grève. On remonte la file sur 3km en slalomant entre les nombreux voyageurs qui attendent que la situation se débloque. Arrivé en face des grévistes, je la joue finement, genre femme motard fatiguée du voyage, et leur demande gentiment si nous pouvons passer entre les cailloux en poussant nos machines. Le coup de charme à marché, ils acceptent qu’on passe et qu’on fasse quelques photos pour illustrer leur lutte. En fait, ce sont des mineurs qui revendiquent des conditions de travail plus humaines et surtout un salaire et une retraite descentes. Exposés à toutes sortent de produits chimiques et de gaz nocifs, les mineurs  travaillent à 45° C, après 10 à 15 ans passé sous terre, ils meurent généralement de la silicose. Pour leur travail ils se servent d’explosifs et d’outils qui doivent acheter eux même. Les journées sont très longues, 12 à 14h dans leur trou, certain y passent la nuit et mâchent inlassablement de la coca pour se tenir éveillés. Après quelques échanges, nos autocollants du « Che » sur les motos aidant, nous leur souhaitons bonne chance et continuons notre route. Ces mouvements de grève ne nous laissent pas indifférents, malgré les désagréments qu’on doit subir, tous le monde est solidaire de leurs revendications. Et enfin, nous arrivons à Potosi. Une ville construite sur une colline, tout en monté et en descente. Notre hostal se trouve bien entendu en haut de la ville, galère avec nos motos surchargées pour se frayer un passage entre la circulation des taxis, des bus, des 4x4 et des piétons. Il ne faut pas oublier que je n’ai plus trop de frein arrière. Comme en Inde, tout marche au klaxon. Difficile de trouver le nom des rues et des places, régulièrement faut demander notre route aux gens, qui nous indiquent toujours tous droit,  « c’est par là-bas » L. Finalement, sans GPS, nous trouvons notre hébergement. Là, surprise ! Pour garer nos motos, il nous faut passer par la porte d’entrée de l’hôtel. Lorsque je vois le passage, immédiatement ça me semble impossible de faire passer les machines par cet accès. Un gros trottoir, une haute marche en pierre, une double porte vitrée, va falloir viser juste. Quelques manœuvres, et ça passe de justesse OUF !!! et le tout à 4000m d’altitude le souffle est vraiment court. Les motos se trouvent dans le patio du bâtiment, bien à l’abri. Avant tout enregistrement à la réception, un passage à la douche bien mérité.  

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :